TEAM PASSION TRUITE & MER : site officiel du club de pêche de MONTBERON - clubeo

La Truyère, la rivière engloutit

24 février 2017 - 13:37

La Truyère coule dans les départements de la Lozère, du Cantal et de l'Aveyron. C'est l'affluent principal du Lot, elle coule sur 170 KM. Elle prend sa source en Lozère dans la forêt de la Croix-de-Bor, au sein du massif de la Margeride, à 1 450 mètres d'altitude. C'est dans ce département qu'elle est la plus la sauvage et la plus intéressante pour la pêche de la truite. 

Des racines et des ailes sur la vidange de Sarrans

La Truyère est maintenant l'oeuvre de la main de l'homme, au nord du département de l’Aveyron, c'est une des rivières les plus hydro électrifiées du pays.

Durant tout le 20° siècle, elle a fait l’objet de travaux gigantesques dans la construction de barrages qui vont changer le paysage de cette rivière qui fournit aujourd'hui 10% de l'électricité en France. Le premier barrage celui de Sarrans fût mis en route en 1934, et ensuite la construction c'est intensifié dans les années 50 où les ouvrages vont pousser comme des champignons. Imaginez un peu sur une distance de 82 km nous trouvons les barrages de :

Nous y rajoutons : 

  • la centrale de Brommat,
  • la station de transfert d'énergie par pompage de Montézic.

Soit un ouvrage tout les 10 km environ, cette implantation a été favorisé par le dénivelé important de la rivière dans cette zone, mais cette activité s'effectue au détriment du biotope naturel et des activités traditionnelles telles la pêche.

Les gorges de la Truyère font penser à un fjord, la beauté du site est indéniable mais cette beauté à un prix.

 

Le débit est devenu très irrégulier depuis l'installation des barrages, avec parfois des lâchers trop importants pour le cours d'eau, provoquant l'érosion accélérée des berges, et parfois, des « débits réservés » trop faibles largement inférieurs aux minima légaux, provoquant la mort par asphyxie d'espèces aquatiques et des dépôts de boues fines et de métaux lourds (toxiques) dans les fonds. 

Sur cette vieille photo on voit le viaduc de Garabit, mis en service en 1888, et construit par Gustave Eiffel. On voit que le niveau de la truyère était à environ 130 en dessous de l'ouvrage.

Nous pouvons constater la différence aujourd'hui, l'ouvrage n'est plus qu'a 97 m au dessus de la rivière. Au dire d'un "vieux" que j'ai côtoyer et qui nous a quitter il y a 18 ans, à cet endroit là, dans les années 30 avant la construction du premier barrage, les truites étaient les reines de la rivières, une population incalculable qui c'est affaiblis rapidement de 1934 à 1938 toujours selon ses dires. 

 

La vidange de Sarrans en 2014, nous a montrer les vestiges, de l'époque, ses villages rayés, et le vrai lit de la rivière, c'est impressionnant de voir la résistance de ces ouvrages noyés sous des mètres et mètres cubes d'eau.

Vidéo de la vidange de sarrans 

 

Sur ces photos nous voyons le vrai lit de la rivière, il n'y a rien à voir, c'est normal que le biotope soit modifié entraînant le changement. Sur la photo de droite le Fjord a disparu laissant le vrai cours d'eau, je le trouve moi personnellement plus beau que remplit d'eau.

Bien entendu, ce changement artificiel a provoquer d'énormes changement sur la population halieutique, les truites se sont faites plus rares dans certains secteurs et même complètement disparus à compter du barrage de Sarrans, qui en possède de très rares exemplaires encore.

Nous sommes au même endroit, on note sur la photo ancienne, une très belle rivière à salmonidé, avec des blocs et de courants, tous cela n'est plus comme vous le constatez sur la photo de droite, le lieu est désormais propice aux poissons blancs et carnassiers.

 Ce qui explique son classement en seconde catégorie piscicole dans l'Aveyron. Dans sa partie du cantal, il n'y a si j'ai bien su lire le dépliant de la fédération de se département que 5 km de première catégorie avant le barrage de Grandval, certes il se fait quelques truites sur la Truyère du côté de Chaudes-Aigues mais y pêcher et vraiment difficile du fait des lâcher du barrage et la meilleure technique c'est avec une balle ou une bulle d'eau, rien de super passionnant.

 

 

C'est impressionnant de constater ces vestiges du village de Tréboul et ses arbres toujours là après avoir passé plus de 40 ans sous 300 millions de mètres cubes d'eau. Comme si la rivière souhaitait protégé son passé.

En revanche sur sa partie Lozérienne, la rivière est en première catégorie sur tout son parcours.

Cependant en aval de Malzieu, le carnassier est venu concurrencer la truite dans sa quête de nourriture.

Sur la partie amont de son parcours, la pêche au appât naturel, est une des meilleures techniques, après sa confluence avec la rimeize, le parcours et propice à toutes les techniques notamment mouches et leurres. 

Voici la Truyère non loin de sa source.

10 % de la production d'électricité de notre pays c'est important, la construction de ses barrages remontent à une autre époque que l'on ne peut comparer avec la notre, aujourd'hui, nous ne souhaitons plus voir une autre rivière engloutit, la science et le développement doivent nous fournir d'autres moyens de production. 

Quel est le pont que vous préférez ? Celui en pierre évidement, mais on ne le voit que tout les 40 ans désormais, il résiste à la destruction par l'eau causé par l'homme c'est tout un symbole.

Commentaires